Bref historique du CP301

Extraits, plans et photos repris du livre de Patrick EHRHADT et Jean MOLVEAU, CLAUDE PIEL HISTOIRE DE PIERRES PRÉCIEUSES, Ed. Le Trait d’Union

Claude Piel (1921-1982), est un exemple particulièrement représentatif de ce que peut apporter un  » artisan-constructeur  » au développement de l’aviation légère. La liste de production de machines portant sa signature est impressionnante, dont la plus célèbre reste le CP30 ÉMERAUDE.

Cela va du CP10  » Pinocchio  » (plan, photo sol) sa première réalisation débutée en 1943, aux commandes duquel il se crashera en 1949, au dérivé du CP100, le non moins célèbre CAP10, en passant par les CP20, CP40 (plan), CP60.(plan, photo)

Un des premiers exemplaires du CP301

Logiquement la lignée a débuté par un monoplace monoplan, le CP20 Pinocchio. Sacrifiant à la mode du  » Piper Cub  » dans les années 50, elle est passée par le CP40 (photo sol) monoplan à ailes hautes. Celui-ci faiblement motorisé ne donna jamais totalement satisfaction et sa production au-delà du prototype sera faible.

L’arrivée en 1954 du CP30 (photo vol, photo sol) qui ne devait être à l’origine qu’une suite aux machines précédentes, s’avéra de part ses qualités intrinsèques le meilleur biplace d’école. Devant le succès du CP20 remporté au rassemblement de Montargis, C. Piel envisagea la création d’un biplace dont l’étude débuta en 1951. La déclinaison vers le CP30 sera facilitée par la mise au point finale du dossier du CP20. Les modifications qui interviendront se situent au niveau de l’élargissement du fuselage, de l’augmentation de la charge alaire et du renforcement de la structure en vue de supporter une motorisation plus puissante. En 1956, afin d’exploiter les possibilités de développement de la machine, C. Piel en tira une version mieux motorisée : le CP301 était né.(plan, photo sol, photo vol).

N’étant pas l’occupation première de C. Piel, il faudra attendre 4 ans pour que le premier prototype du CP30 vole, le F-PFVY, renommé pour ce vol en F-W. Ce sera le 19 juin 1954, avec aux commandes Robert Denize. A l’issue de ce vol plusieurs présentations publiques eurent lieu : Toussus-le-Noble (20/06/54), Thouars (29/08/54). Afin d’exploiter le succès rencontré par cette formule biplace, une société fût créée, la D.P.A. (Denize-Piel-Aviation). Celle-ci fut dissoute fin 1955. A titre indicatif le coût approximatif de l’appareil achevé se situait à 2.000.0000 F (anciens francs).

Deux évènements en 1955 vont assurer la consécration de C. Piel au travers du CP 30  » Émeraude  » : l’obtention du CDN et sa sélection par la Fédération Nationale aéronautique comme meilleur biplace de début d’école. Les imperfections relevées lors de la présentation au CEV, dues en partie au manque de moyens de C. Piel, corrigées en septembre 1956, entraînèrent un changement de version avec l’apparition du CP 301-01. Tout en conservant les dimensions générales extérieures, cette nouvelle version se caractérisait par une nouvelle motorisation avec une augmentation de la masse à vide et de la masse maximale. L’obtention du CDN le 12 septembre 1955, marqua le passage de la construction artisanale à la construction industrielle du CP301 sous la dénomination CP301-A.

F-BIJA premier CP301 de série.

Dès fin juillet 1957, fût livré le premier appareil de série, le F-BIJA à l’aéroclub d’Enghien-Moiselles. Avec une cadence de construction de 7 appareils par mois, en juin 1959, 96 appareils seront sortis de la société MENAVIA, et livrés à la clientèle.

Les établissements Rousseau, de Dinard, entreprirent la fabrication de CP301 en y apportant quelques modifications, avec l’accord de C. Piel, entre autres : changement de calage de l’aile, modification du longeron (fixation), du plancher (renforcement), de la queue de fuselage (affinée). Un changement de version s’en suivra : le CP301-B.

Les premiers exemplaires de cette série furent livrés dans la région ouest, le F-BHOP, N°100, à l’aéroclub de Granville en juillet 1957, le F-BIGI, N° 102, à l’aéroclub d’Avranches en septembre 1957. A cette époque, 1960, il en coûtait 29.500F pour acquérir cet appareil.

Des expériences de construction sous licence Piel eurent lieu, comme le RD02, F-BIRY CP301-A N° 94, construit par l’ARAL et celui de M. Renard, basé à Angers, le F-BIAY CP301-A N° 120. D’autres constructeurs s’essayèrent sans succès, tels M. Rouchaud ou l’ARCAS. Un passage à la SCANOR de C. Piel (1957-1958) ne donnèrent que 3 machines dont 2 en état de vol. Lors de cette période, une nouvelle version CP100  » Mascaret  » fut envisagée, mais n’arriva pas à terme. C. Piel repris ces études pour développer le CP60  » Diamant « .

Une collaboration de C. Piel avec SCINTEX-AVIATION de 1959 à 1966, va voir l’élaboration d’une nouvelle version, le CP301-C avec la concrétisation de nombreuses modifications, suite notamment à des études poussées menées en soufflerie par un aérodynamicien, Max de Lagrevol. C’est le CP301-A N°261, F-BJMV, qui servira de prototype à cette nouvelle version.

La demande des services officiels de procéder à des tests de structures destructifs, sans pour autant remettre en cause la valeur de la série, amena des améliorations sensibles au niveau de la structure permettant d’envisager les évolutions acrobatiques positives, le moteur n’étant pas alimenté pour le vol dos. Ces modifications entraînèrent un nouveau changement de version : le Super-Émeraude qui prit d’abord la dénomination CP310, rapidement abandonnée au profit de CP1310. Cette nouvelle série commença au N°900 est le F-BJVJ pour s’arrêter au N°942 avec le F-BMJN. Plusieurs versions de cette série verront le jour du fait des différents choix de motorisation proposées (version CP1310 C3 avec le moteur Potez ou version CP1315 C3 avec le moteur Continental).

Des rencontres fortuites (Robert Buisson, responsable des réception chez SCINTEX et Nenad Hrisafovic responsable du bureau d’étude de la CAARP), des rapprochements industriels (SCINTEX-AVIATION / CAARP), des recherches de successeur voltige pour le Stampe vieillissant et des essais sans lendemain (tels le CP325 N°359 F-PKVZ ou le SCINTEX ML 250  » Rubis « , F-BJMG), amenèrent la naissance d’un nouveau projet : le CP100 répondant à un cahier des charges dont certains éléments avaient été mis au point lors des essais statiques à Toulouse en 1960. Après de nombreux essais, dont un se solda, malheureusement, par un crash mortel, le CP100 laissa la place au CAP10. Cette nouvelle dénomination répondant au souhait de C. Piel de vendre la licence globale du CP100 et d’effacer le souvenir préjudiciable du crash. Le CAP10. considéré comme biplace de début en voltige et le fait de vouloir construire un vrai appareil apte à la voltige de compétition, amenèrent très tôt la construction d’un successeur, le CP200 (plan) qui devint le CAP20.
L’histoire ne serait pas complète s’il n’était pas mentionné toutes les déclinaisons des CP :

Le CP60 Diamant sur la base du CP30, permettant les 3 places (plan photo)
Le CP40 « Donald » (plan)
Le CP80 (plan) répondant aux exigences des racers
Le CP90 (plan) Pinocchio II
Lle CP605 (plan) Super-Diamant, version quadriplace, motorisation de 150CV
Le CP750 Béryl, la voltige pour tous
Le CP1320 (plan) Saphir successeur du CP30, de conception plus moderne
Le CP50 Brasilia
Le CP150 Onyx formule ULM
Le CP500 (plan). alliance de Mignet et du bimoteur push-pull

Mise à jour le 20 décembre 2011

   
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